C’est une page majeure de l’histoire des courses françaises qui se tourne. Jean-Claude Rouget, 73 ans, l’un des entraîneurs les plus titrés et les plus prolifiques de l’histoire du galop européen, vient d’annoncer l’arrêt de son activité. Cette information donnée en exclusivité sur X par le bien connu Sad Hill dès dimanche en fin de journée a été confirmé mardi par Paris Turf, l’entraîneur a informé ses équipes que sa société cesserait ses opérations fin septembre, une liquidation étant envisagée si aucune reprise n’intervenait avant le 25 septembre.
Des débuts à Pau en 1978
Enfant de la balle, Jean-Claude Rouget est né en 1953 en Normandie. Son père Claude dirigeait le haras de Cheffreville pour le compte de la prestigieuse écurie Jean Stern avant de devenir lui-même entraîneur. Après avoir été un temps gentleman-rider, Jean-Claude Rouget entame sa propre carrière d’entraîneur en 1978, à la suite de plusieurs stages effectués dans des écuries françaises et britanniques. Il s’installe alors à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, où il officiera longtemps aussi bien à l’obstacle qu’au plat, avant de se consacrer exclusivement à cette dernière discipline à partir des années 1990.
Une ascension vers le sommet du plat français
Rouget va bâtir, au fil des décennies, l’une des plus grandes écuries de sa génération, comptant à son apogée environ 250 chevaux à l’entraînement. Il devient champion de France des entraîneurs à cinq reprises : une première fois en 2009, année où il remporte pour la première fois le Prix du Jockey Club grâce à Le Havre, puis de nouveau en 2016, 2020, 2022 et enfin en 2023, année de son fabuleux invaincu Ace Impact, vainqueur du Prix de l’Arc de Triomphe.
Sa réussite ne se limite pas à la France. En 2009 déjà, il s’impose comme le nouveau visage français du Royal Ascot, où ses chevaux brillent régulièrement sur la scène internationale. En août 2022, il franchit le cap symbolique des 7 000 victoires en carrière, ce qui fait de lui l’entraîneur numériquement le plus titré de l’histoire des courses européennes.
Un palmarès impressionnant
Sur près de cinq décennies de carrière, Rouget aligne les victoires dans les plus grandes épreuves du calendrier hippique français et international :
- Prix du Jockey Club : 2009, 2016, 2017, 2019, 2022, 2023
- Prix de Diane : 2009, 2012, 2014, 2016
- Prix de l’Arc de Triomphe : 2020, 2023
- Poule d’Essai des Pouliches : 2009, 2014, 2015, 2016
- Prix Saint-Alary : 2004, 2006, 2007, 2009, 2016, 2020
- Grand Prix de Paris : 1994, 2010, 2025
- Prix Vermeille, Prix d’Ispahan, Prix Rothschild, Prix de l’Opéra…
- À l’étranger : Eclipse Stakes (2022), Coronation Stakes (2015, 2016), Champion Stakes (2007, 2016)
Parmi les chevaux qui ont marqué son histoire figurent Elusive Wave, Stacelita, Almanzor et bien sûr Ace Impact, dont le sacre invaincu dans l’Arc de Triomphe 2023 restera comme l’un des sommets de sa carrière.
Une santé fragilisée depuis 2024
Le début de la fin remonte à mai 2024, lorsque Jean-Claude Rouget annonce prendre du repos pour raisons de santé après le diagnostic d’un lymphome. Un possible partenariat d’entraînement avec Jérôme Reynier est un temps évoqué pour la saison suivante, mais le projet ne se concrétise finalement pas. Dans la foulée, à l’automne 2024, l’antenne deauvillaise de son écurie ferme ses portes.
Malgré ces difficultés, l’entraîneur parvient à rester performant sur le plan sportif, comme en témoigne sa victoire dans le Grand Prix de Paris 2025.
La fin d’une aventure
L’annonce faite cette semaine à ses équipes marque donc l’épilogue d’une carrière longue de près de cinquante ans. Sans reprise d’ici le 25 septembre, la structure sera placée en liquidation, mettant un terme définitif à l’une des plus grandes success story de l’entraînement hippique français des trente dernières années.
Reste l’empreinte durable laissée par Jean-Claude Rouget sur le galop français : cinq titres de champion de France, plus de 7 000 victoires, un palmarès taillé dans les plus grandes classiques, et des chevaux devenus légendaires. Une page se tourne, mais l’histoire, elle, restera gravée dans les annales du turf.
Je termine cet article par une pensée pour mon mignon Jean-Bernard Eyquem fidèle parmi les fidèles qui perd son patron.
Bonne retraite monsieur Rouget.

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